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Décembre 2013

Mardi, décembre 17th, 2013

Sitges 2013 – Présentation et phénodescription de 2 cas :

Deuil  -  Burnout

 

Arnaud HAYAERT, Directeur SSC Tourcoing,

intervient en cabinet libéral en individuel mais aussi en groupes en entreprises.

 

 

A l’occasion du IIIème  symposium de Sophrologie Caycedienne 2013, j’ai décidé de vous présenter, dans le cadre de la Sophrologie Caycedienne et la gestion des émotions, deux cas concrets rencontrés en cabinet: le deuil et le burn-out.

Je dois tout d’abord préciser que ces deux patientes présentées ici, se sont entrainées vraiment avec assiduité et une grande régularité dès le début (plus de 400 séances d’entrainement personnel !), venant prouver une fois de plus l’importance des deux lois en Sophrologie Caycédienne : la vivance et la répétition vivantielle ! Nous ne le dirons jamais assez que la répétition est le « moteur actif » du véhicule nommé « vivance corporelle ». Il s’agit bien ici de mémorisation du schéma corporel, et à chaque fois comme si c’était la première fois !

L’une des actions essentielles pour la mémorisation est la répétition. En effet, plus un élément va être rencontré, plus il sera retenu aisément et longtemps. La capacité de mémorisation est d’autant plus grande que la révision mentale et corporelle est importante. Il ne faut donc pas  hésiter à vérifier souvent ses connaissances…

Plus la répétition est importante, meilleure est la mémorisation !

 

Les deux cas présentés ici sont des cas choisis pour leur plan émotionnel fort. La perturbation émotionnelle était bien installée et correspond au sujet proposé au sein de ce symposium.

Cette présentation est le pur déroulement phénoménologique et chronologique de leur progression après un bilan de départ suivi des objectifs déterminés par la patiente elle-même.

Nous allons donc assister à la découverte, conquête et petit à petit à la transformation de leur réalité au quotidien ; séance après séance, phénodescription après phénodescription.

En conclusion, je vous proposerai de voir ensemble les résultats respectifs chez ces deux patientes dans le bilan de fin de cure, suivi d’un petit mot personnel que j’ai reçu quelques mois après leur « envol ».

En guise de simple rappel et en guise d’introduction de chaque sujet, sans vouloir trop développer le sujet, j’ai voulu bien redéfinir les termes de deuil et de burn-out.

 

Tout d’abord le deuil est une douleur, une affliction éprouvée à la suite du décès de quelqu’un ou détresse liée à la perte d’un être aimé. La souffrance causée par la disparition d’un être cher se surmonte en effet au cours d’un processus lent et douloureux : le travail de deuil. Ce travail s’accomplit normalement en passant par trois phases : détresse, dépression et adaptation. Parfois le processus se complique ou se bloque, avec prolongation exagérée de la phase dépressive, réactions de stress et accompagné parfois de manifestations psychosomatiques.

 

La patiente présentée, Régine, 60 ans, éducatrice spécialisée à la retraite, vient pour un travail de deuil qu’elle n’arrive pas à faire depuis 16 mois. Elle fait partie de ces couples de personnes inséparables, telles des perruches inséparables, comme elle me le présente lors de notre première rencontre. En cherchant le soir-même sur internet ce que je peux trouver sur les « perruches inséparables », je lis ceci sur un forum :

- Bonjour, voila j’avais un couple d’inséparables mais l’un des deux est mort, alors je voudrais savoir si il pouvait rester seul ou pas ? En espérant que lui aussi ne nous quittera pas ! J’attends vos conseils, merci.

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- Tu sais les inséparables sont bien connus pour ne pas vivre sans leur compagnon, ils se laissent mourir et malheureusement il n’y a pas grand chose à faire, par contre je ne sais pas si le fait de remettre un autre inséparable peut l’aider, regarde bien si il se laisse mourir ou pas… J’espère que non !

Vous imaginez mon effroi à la lecture de ce forum !…

Lors de son bilan, elle exprime bien sa difficulté à faire le deuil, à “remonter la pente”.

Elle souffre d’un manque d’amour et ne sort plus. Elle éprouve des difficultés à gérer ses émotions, des  difficultés à faire la part des choses et ne sourit plus. Constamment nouée, elle se sent oppressée, épuisée et souffre de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) : elle vérifie la propreté de tout ce qui l’entoure. Suivie et envoyée par son médecin généraliste, elle est sédatée pour s’endormir.

En faisant notre « feuille de route », Régine exprime sa ferme volonté de remonter la pente, elle veut se sentir beaucoup mieux pour sortir à nouveau, retrouver des points de repère et le sourire. Retrouver une graduation émotionnelle est également notre objectif ainsi que de savoir (re)mettre chaque chose à sa place (émotionnellement parlant).

Le travail sophrologique a été intégré de suite dans son quotidien car elle y trouvait un grand intérêt. Il y eut néanmoins des moments plus difficiles que d’autres car Régine voulait lutter contre tout ce qu’elle ressentait, jusqu’à ce qu’elle puisse accepter les choses et le travail put continuer…et un peu plus chaque jour. J’étais impressionné de la régularité avec laquelle elle s’entrainait, jusqu’à quatre fois par jour !

Après 6 mois d’entrainement quotidien, un entrainement très soutenu, les résultats sont bluffants : Régine ressent beaucoup moins d’anxiété, d’hyperémotivité et de culpabilité. Elle a moins d’oublis, de fatigue, de troubles de l’humeur. Elle n’a plus d’oppressions respiratoires, de palpitations. Elle a amélioré son sommeil, elle se sent en meilleure forme, avec de nouveaux repères, elle se dit stabilisée émotionnellement. Tous ces changements lui ont donné envie de changer la décoration intérieure de sa maison.

Elle a désormais retrouvé goût à certaines activités qu’elle avait abandonnées comme la plongée. Elle a commencé l’aquagym et a découvert le plaisir de la randonnée. Elle sort à nouveau de chez elle. Régine a retrouvé le sourire et a décidé de voyager !

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Dans un second temps, j’aborde le thème du burn-out.

Intervenant en entreprises depuis 2006, j’ai rencontré et suivi bon nombre de cas similaires ; il s’agit ici d’un cas particulier non pas au sein d’une grande entreprise internationale au management froid, brutal et inhumain, non, il s’agit ici d’une institutrice épuisée et vidée par sa passion des enfants, de la pédagogie, le don de soi !

Rappelons que le syndrome du burn-out se caractérise par un état d’épuisement général, à la fois psychique, émotionnel et mental; les «batteries sont vides» et le sujet n’est plus capable de récupérer sur de courtes durées. Ce syndrome d’épuisement s’accompagne d’une série de symptômes et de modifications du comportement en milieu professionnel.

 

La patiente présentée, Véronique, 52 ans, institutrice, orientée par son médecin généraliste qui l’a diagnostiquée en burn-out depuis 4 mois. Elle fait partie de ces formidables institutrices qui donnent envie de retourner à l’école tant elle est patiente, pédagogue et accueillante. Une collègue idéale également car toujours prête à rendre service, à sacrifier son temps pour les autres, ayant un sens du devoir qu’on ne trouve plus depuis Jules Ferry !

Sa passion l’a dévorée car elle passe son temps à aider les autres, à négliger ses temps de repos sous prétexte que tout cela lui plait énormément !

Lors de notre premier entretien, Véronique m’explique qu’elle a eu des problèmes de santé, notamment une tumeur parotidienne à 30 ans, un cancer du sein à 46 ans, qu’elle est anxieuse, hyperémotive, colérique, agressive et surtout épuisée avec un sentiment d’échec dans son travail car elle est en arrêt et cela ne lui plait absolument pas ! Perte des repères, perfectionniste acharnée et haute idée de sa fonction professionnelle, voilà ce qu’elle me dit lors du bilan avec au quotidien une consommation d’alcool et de tabac qui lui apporte une culpabilité supplémentaire.

Ses objectifs de départ sont de prendre de la distance, sans obstacle me dit-elle car elle a bon nombre de croyances limitantes. Elle souhaite vivement reprendre goût à la vie, apprendre à gérer ses émotions et cette anxiété du quotidien, en somme vivre “normalement” sans pression (ce sont ses mots).

Véronique a utilisé sa capacité de don de soi pour sa propre personne, probablement pour la première fois et a pris conscience de cette dimension qu’elle pouvait avoir pour elle, cette présence à elle-même, pour elle-même.

Le bilan après 5 mois d’entrainement est très positif pour elle car moins d’anxiété et d’hyperémotivité au quotidien. Elle ne consomme plus de tabac ni d’alcool. Véronique a repris son activité à mi-temps pour mieux profiter de sa « nouvelle vie » comme elle dit. Plus confiante en elle-même, elle arrive désormais à prendre du recul, elle a une meilleure récupération et surtout une meilleure communication avec son entourage aussi bien personnel que professionnel. Enfin, elle arrive maintenant à apprécier les choses à leur juste valeur.

 

Alors loin de moi l’envie prosélyte de « vendre » la sophrologie pour une méthode miracle, non ! Ce que je souhaite souligner ici est le formidable outil que représente la Sophrologie Caycedienne pour des personnes désireuses de changer leur perception des choses. Le stress est une émotion mal maîtrisée, une réaction d’adaptation à l’environnement, une sorte de réponse aux dangers externes ou internes ou à des situations extrêmes. N’oublions pas une chose : c’est la PERCEPTION de l’événement et non l’événement lui-même qui génère le stress.

La Sophrologie Caycedienne permet simplement de somatiser le positif, c’est précisément son objet ; intégrer la présence du corps dans l’esprit (le cerveau), qui a pour effet de rassurer l’ensemble et ainsi calmer la situation.

Ramener l’esprit dans le corps, c’est se réconcilier avec la vie pour qu’elle devienne Existence !

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https://www.youtube.com/watch?v=WnQpcESPh3E