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Février 2014

Dimanche, février 2nd, 2014

En ce mois de février, la date du 14, la « fameuse » St Valentin,  ne vous aura pas échappé…et je voulais ici apporter quelques lumières sur cet échange humain particulier qu’est le baiser.

Je vous embrasse !…

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Le monde entier nous envie notre fameux French kiss. Mais pour quelle(s) raison(s) nous embrassons-nous exactement ? Une question d’autant plus intéressante que nous serions l’une des seules espèces à pratiquer le « roulage de pelle ».

« Nos plus proches parents comme les chimpanzés ou les bonobos pratiquent le baiser, » indique Rafael Wlodarski, du département de psychologie expérimentale de l’université d’Oxford, « mais il est bien moins intense et répandu. Donc on a ici un comportement de séduction humain qui est incroyablement répandu et commun, mais qui est pourtant assez unique. Et nous ne savons toujours pas exactement pourquoi il est si répandu ni quel est son but.« 

Savoir à quoi sert le baiser, c’est ce à quoi se sont attelés le chercheur et son équipe. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Archives of Sexual Behavior et Human Nature et, selon eux, si nous nous embrassons, c’est pour deux bonnes raisons ; explications :

Le chercheur rappelle qu’actuellement, il existe trois principales théories sur le rôle du baiser dans les relations sexuelles :

  1. Il permettrait d’évaluer (on ne sait trop comment) la qualité des gènes d’un potentiel partenaire.
  2. Il serait utilisé pour accroître l’excitation, notamment pendant les préliminaires.
  3. Il servirait à maintenir une relation.

L’avis du public

Les chercheurs ont donc voulu savoir si l’une de ces théories était la bonne. Pour cela, ils ont tout simplement posé la question à un panel représentatif de participants, comme lors d’un sondage. Un questionnaire en ligne a donc été envoyé à 900 adultes. Les questions portaient sur l’importance du fait de s’embrasser, tant dans les relations à court qu’à long terme et voici ce que montrent les réponses :

-  Dans une relation, les femmes attachent davantage d’importance au baiser que les hommes.

-  C’est aussi le cas des hommes et des femmes qui estiment qu’ils sont plus séduisants que les autres, ou ont plus de relations à court terme et d’aventures.

-  Dans le cadre de relations courtes, c’est avant la relation sexuelle que le baiser est considéré comme important, bien moins pendant et après.

-  Dans les relations longues, il est quasiment tout le temps important.

-  La fréquence du baiser serait liée, dans une relation, à la qualité de celle-ci.

-  Le rapport des femmes au baiser romantique dépendrait également de leur cycle menstruel ainsi que du stade de leur relation.

Double effet

Le premier point n’est pas très étonnant. Le baiser serait important pour les femmes investies dans une relation car il s’agit d’un geste qui renforce le couple. Une assertion vérifiée par le fait que pour des personnes impliquées dans des relations longues, le baiser est tout le temps important.

La théorie selon laquelle s’embrasser joue un rôle dans la bonne santé d’une relation, et contribue à la faire durer semble vérifiée.

Mais c’est surtout le deuxième point qui a intéressé les chercheurs. Pour quelle raison des hommes et des femmes qui se trouvent plus séduisants que la moyenne et ont plus de relations à court terme et d’aventure attacheraient-ils autant d’importance au baiser ?

Selon les chercheurs, plus on se trouve attirant, plus on pourrait, en quelque sorte, se permettre d’être exigeant dès cette première étape qu’est le baiser. En outre, de précédentes études ont montré que le fait de s’embrasser permettrait d’évaluer la qualité du partenaire potentiel: goût, odeur, mais aussi condition physique, bonne ou mauvaise santé.

Conclusion, on s’embrasse pour deux raisons. La première? Embrasser nous aiderait à trouver LE bon partenaire. La seconde: une fois ce partenaire trouvé, s’embrasser pourrait être LE meilleur moyen de le garder.

Pas de panique pour ceux qui pensent mal embrasser. Pour Suzi Godson, chroniqueuse sexo pour The Times, « il y a quelqu’un pour tout le monde, et il est probable qu’une personne qui embrasse mal quelqu’un soit le parfait rouleur de pelle de quelqu’un d’autre.« 

Réussir ou rater son baiser n’est pas anodin. Certaines personnes savent comment doser leur effet, stimuler la sensualité sans basculer dans la vulgarité, et ces personnes auraient plus de chances de convaincre leur vis-à-vis d’aller plus avant vers une relation sexuelle voire une relation suivie.

L’impact d’un baiser réussi a été testé par des chercheurs américains de l’Université d’Oxford. Pour cela, ils ont rassemblé des participants, hommes et femmes, pour une expérience, et leur ont fait circuler des petits descriptifs de personnes du sexe opposé qu’ils pourraient éventuellement rencontrer. Dans certains cas, le descriptif mentionnait, parmi d’autres qualités, que la personne savait bien embrasser. Ensuite, les scientifiques demandaient aux participants de noter sur une échelle graduée leur souhait de 1) rencontrer cette personne, 2) avoir une relation sexuelle d’un soir avec elle, ou 3) entamer une relation à plus long terme.

Les chercheurs ont constaté que la simple mention « sait bien embrasser » chez un homme augmentait de 25% le désir d’une femme de faire l’amour avec lui, et de 15% son souhait d’entamer une relation plus durable. Chez les hommes, une femme sachant bien embrasser a également plus d’attrait, mais l’effet semble moins prononcé.

Les scientifiques interprètent ces observations en disant que le baiser est un moyen d’évaluer la capacité sexuelle et de reproduction d’un éventuel partenaire. Des études précédentes avaient montré que s’embrasser sur la bouche remplit une fonction analogue à celle de goûter un plat avant de savoir si on souhaite le commander. Cette approche « test » serait plus importante pour les femmes, qui ciblent généralement davantage leurs partenaires et se lancent un peu moins à l’aveuglette.

Pour un couple qui dure, on peut se fier au nombre de baiser… c’est en tout cas ce qu’avancent les chercheurs !

Un baiser est bien plus qu’un baiser, contrairement à ce que dit la chanson de Louis Armstrong (A Kiss Is Just a Kiss).

Wendy Hill, professeure de psychologie au Lafayette College (Easton, États-Unis), s’est assigné une grande mission : participer à l’édification de la « science du baiser ». Et pour ce faire, en explorer les fondements biologiques, anatomiques, physiologiques, etc. Après force mesures et comparaisons, elle aboutit à ce constat : un baiser romantique (avec ou sans la langue) produit des effets mesurables sur la production d’hormones. Tout d’abord, il réduit le taux de cortisol, l’hormone du stress.

Première conclusion : un baiser fait baisser le stress. À retenir…

Seconde conclusion : lors du baiser, le niveau d’ocytocine*, hormone connue pour intervenir sur la confiance et les relations sociales, augmente. Mais surtout chez les hommes ! Allez savoir pourquoi ? Chez les femmes, une atmosphère romantique (lumière douce, musique d’ambiance) doit s’ajouter au baiser pour que le niveau d’ocytocine grimpe aussi haut que chez l’homme.

Et pour les gens seuls et sans partenaire ? Reste une autre solution : le chocolat. Une étude de 2007 réalisée par des chercheurs britanniques avait montré que les effets physiologiques d’une tablette de chocolat équivalaient, en terme de baisse du stress, à un baiser fougueux et passionné.

Dernier enseignement : selon les chercheurs, la qualité du premier baiser et la façon dont il est perçu par les protagonistes préjugent bien de la suite à donner. Le baiser serait une bonne façon d’appréhender la qualité et la compatibilité du partenaire.

La « philamatologie » (science du baiser) progresse donc à grands pas. Historiens et anthropologues ne sont d’ailleurs pas en reste ; ils apportent également leur contribution à cette nouvelle et remarquable science. Selon l’historien Craig Koslofsky, qui a étudié les rituels du baiser au Moyen Âge (notamment le rituel du « baiser de la paix », prôné par l’Église), celui-ci a aussi une histoire. Il s’inscrit dans des schémas sociaux très codifiés. Selon lui, la « privatisation » et l’« érotisation » du baiser seraient récentes dans l’histoire. Elles seraient intervenues au XVIIIe siècle en Occident.

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* L’ocytocine est une hormone peptidique synthétisée par les noyaux paraventriculaire et supraoptique de l’hypothalamus et sécrétée par l’hypophyse postérieure (neurohypophyse) qui agit principalement sur les muscles lisses de l’utérus et des glandes mammaires.

Son nom signifie accouchement rapide (« ocy » du grec ὠκύς, ôkus : rapide et de « tocine » τόκος : accouchement).

Elle est impliquée dans la reproduction sexuée particulièrement pendant et après la naissance. Elle est libérée en grande quantité après la distension du col de l’utérus et de l’utérus pendant le travail, ce qui facilite la naissance et après stimulation des mamelons, l’allaitement. À la fois la naissance et l’éjection de lait proviennent d’un mécanisme de rétroaction maternelle positive.

Des études récentes ont commencé à suggérer que l’ocytocine pourrait avoir un rôle dans différents comportements, comme l’orgasme, la reconnaissance sociale, l’empathie, l’anxiété, les comportements maternels, etc., d’où son appellation abusive d’« hormone du plaisir » ou « hormone du bonheur » par les médias reprenant les thèses réductionnistes biologisantes. Dans certaines situations, l’ocytocine pourrait aussi induire des comportements « radicaux », voire violents pour la défense du groupe, par exemple face à un tiers refusant de coopérer. Elle deviendrait alors une source d’agressivité défensive (et non offensive). Cependant, de nombreuses données sur les comportements d’animaux non-humains et les résultats des études plus récentes sur l’homme restent encore fragiles, en raison notamment des données en apparence contradictoires, des interactions à plusieurs niveaux et des obstacles méthodologiques.

Elle est surtout synthétisée par le cerveau, mais plusieurs autres types de cellules que celles du système nerveux sécrètent de l’ocytocine. La synthèse se fait en continu, mais avec des périodes de synthèse plus importante.